Forfait ou régie : comment choisir pour chaque chantier
Les deux modèles, comparés honnêtement
La régie (temps passé) — vous facturez les heures travaillées plus les fournitures. Le risque est chez le client : si ça dure plus longtemps, il paie plus. Votre revenu est plafonné par l’horloge, et plus vous devenez rapide, moins vous gagnez pour le même résultat.
Le forfait — un prix unique pour un périmètre défini. Le risque est chez vous, mais le gain aussi : 15 ans d’expérience qui vous font faire en 3 heures ce qu’un autre fait en 6 se retrouvent enfin payés.
La règle de décision
Une seule question : puis-je définir précisément le périmètre avant de commencer ?
- Oui → forfait. Remplacement de chauffe-eau, pose de prises, réfection standard de salle de bain, entretien annuel. Vous l’avez fait cinquante fois ; vous connaissez les heures à 20 % près.
- Non → régie, ou forfait avec une limite écrite. Recherche de panne, ouverture de murs, « le précédent a bricolé un truc », dossiers d’assurance.
Le piège est de forfaitiser un périmètre flou par peur de perdre le chantier. Ce n’est pas de la compétitivité — c’est acheter le chantier avec votre propre marge.
L’hybride qui règle la plupart des cas
Coupez le chantier en deux :
Phase 1 — Diagnostic : 90 € forfaitaires. Localiser la panne et présenter les options. Phase 2 — Réparation : devis forfaitaire émis après diagnostic, les 90 € étant déduits si vous poursuivez.
Le client prend un petit engagement sans risque. Vous êtes payé pour chercher, et vous chiffrez la phase 2 avec de vraies informations au lieu de deviner. Le taux d’acceptation de cette structure est élevé parce que personne ne joue à pile ou face.
Convertir son taux horaire en forfait
Ne multipliez jamais bêtement heures × taux :
(Heures estimées × votre taux) + fournitures + déplacement + marge de risque = forfait
La marge de risque est la partie honnête. Pour un chantier fait des dizaines de fois : +10 %. Pour une variante connue mais avec des inconnues : +20 à 30 %. Si vous sentez qu’il vous faut plus de 30 %, c’est que le périmètre n’est pas assez défini — utilisez l’hybride ci-dessus. (Pas encore de taux ? Commencez par calculer son taux horaire.)
Protéger un forfait par des exclusions
Un forfait n’est sûr que si sa limite est écrite :
Prix établi pour des réseaux accessibles et une maçonnerie standard. Amiante, reprises structurelles ou raccords non standards font l’objet d’un chiffrage séparé.
Cette phrase fait toute la différence entre un forfait et une promesse illimitée.
Savoir après coup si vous aviez raison
Le modèle ne s’améliore que si vous comparez heures devisées et heures réelles. Pro Speak Artisan construit un catalogue personnel de chaque prestation chiffrée — avec votre prix habituel et sa dispersion — pour que votre prochain forfait s’appuie sur votre historique réel, pas sur l’optimisme.