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Relancer un devis sans avoir l'air d'insister

·4 min de lecture·Par Pro Speak Artisan

Vous avez envoyé un devis il y a neuf jours. Silence. Deux réflexes possibles : ne rien faire, parce que relancer donne l'impression de quémander ; ou relancer trois fois en quatre jours, ce qui donne l'impression d'être désespéré.

Les deux font perdre des chantiers qui étaient gagnables.

Le silence n'est presque jamais un non

Mettez-vous à la place du client. Il a demandé trois devis. Il en a reçu deux. Le troisième n'est pas arrivé. Pendant ce temps il y a eu une semaine de travail, un enfant malade, un week-end.

Votre devis n'est pas refusé. Il est en bas de la pile.

Un refus se dit vite. Le silence, dans l'immense majorité des cas, veut dire « pas encore décidé » — et la personne qui lui rappellera son existence au bon moment a un avantage énorme sur celles qui attendent.

Le calendrier qui marche

Jour 0 — envoi du devis.

Jour 2 ou 3 — une relance courte, qui ne demande rien. Vous vérifiez juste que c'est arrivé :

Bonjour, je voulais m'assurer que le devis vous est bien parvenu — parfois ça part dans les indésirables. N'hésitez pas si une ligne demande une explication.

Celle-ci est facile à envoyer parce qu'elle ne met personne en position de devoir répondre oui ou non.

Jour 7 à 10 — une relance qui apporte quelque chose. C'est la plus importante, et c'est celle que presque personne n'envoie :

Bonjour, deux précisions pendant que vous y réfléchissez : je peux intervenir la semaine du 12, et le prix du ballon tient jusqu'au 18. Après cette date je devrai le revérifier.

Pas de pression inventée — une information vraie qui aide à décider.

Jour 14 — la question directe. Une question oblige à répondre, une affirmation non :

Est-ce que ce chantier est toujours d'actualité de votre côté ? Si vous êtes partis sur quelqu'un d'autre, dites-le moi sans gêne, ça me permet de libérer le créneau.

Cette dernière phrase est celle qui obtient le plus de réponses. Elle rend le « non » facile, et un non net vaut infiniment mieux qu'un devis fantôme dans votre tête pendant six semaines.

Jour 30 — un dernier message, sans relance ensuite. Puis vous le classez.

Ce qui fait fuir

Relancer sans rien apporter, plusieurs fois. « Je me permets de revenir vers vous » trois fois d'affilée ne donne aucune raison de répondre.

La fausse urgence. « Plus que 2 jours pour profiter de ce prix » sur un chantier de plomberie : personne n'y croit, et ça décrédibilise le reste du devis.

Le reproche déguisé. « Je n'ai toujours pas de retour de votre part. » Le client entend un reproche et le reproche ne vend rien.

Le rabais spontané. Baisser le prix parce que le client n'a pas répondu lui apprend que votre premier prix était gonflé. Si vous devez bouger, échangez : une baisse contre quelque chose — un créneau qui vous arrange, un paiement plus rapide, un poste retiré du devis.

Le vrai levier est en amont

La meilleure relance est celle qu'on n'a pas à faire. Deux choses y changent plus que tout le reste.

La vitesse. Un devis qui part le soir même arrive pendant que le problème est encore la chose la plus bruyante de la maison. Trois jours plus tard, la tache a séché et le chantier peut attendre le printemps.

La lisibilité. Un devis en trois lignes ne donne rien à comprendre, donc rien à décider. Un devis détaillé se lit, se discute, et se signe.

Savoir ce qui est en attente

Tout cela suppose de savoir, un mardi matin, quels devis attendent une réponse et depuis combien de temps. De tête, au-delà de cinq ou six, c'est fini.

Dans Pro Speak Artisan chaque devis part sous forme de lien signé : vous voyez ceux qui ont été ouverts, ceux qui sont acceptés, et ceux qui dorment. Tous les devis, photos et échanges d'un client sont rattachés à sa fiche, donc une relance quatorze jours plus tard peut être précise — « votre chauffe-eau de 2019 » — au lieu d'être générique.

Relancer n'est pas insister. Ne pas relancer, c'est offrir le chantier à celui qui l'a fait.

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